L'Occupation

Débuts de ce qui devint la résistance ornaise
 

Eté de 1940, les Allemands sont maîtres militairement de la France. Une opposition, ou résistance non résignée se manifeste bientôt dans l'Ouest Normand. En voici les débuts dans l'Orne. Les premiers civils arrêtés par les Allemands furent deux jeunes de la région de l'Aigle qui avaient fait des barrages avec des engins agricoles devant l'armée allemande. Ils furent condamnés à des peines d'emprisonnement une première fois. Des conseils de faire appel à ce premier jugement, vu leur jeune âge, leur furent donnés. Par qui et comment ? Notables en fonction ? Le second jugement, rendu par un conseil de guerre de l'armée allemande en campagne, condamna celui qui, au moment des faits incriminés, avait dix huit ans accomplis, à être fusillé comme franc-tireur. Ils furent alors emprisonnés à Alençon, au château des Ducs. Là, ils furent rejoints par des Ornais venant de tous les coins du département: Alençon, Sées, Tésse-la-Madeleine, Flers, Trun, Chambois, et pour des motifs allant de la boxe à la diffusion des nouvelles transmises par Londres B.B.C. L'un de ceux-ci fut convoqué et emmené à la préfecture de l' Orne où un général, reconnaissable par les dorures de son uniforme, lui demanda s'il faisait appel du premier jugement le condamnant à un an de prison. Réponse négative. Une seconde demande n'eut pas plus de succès. Après quelques instants de silence, le général déclara "cela vaut mieux pour vous, car nous avons eu de mauvais renseignements sur vous par certains Français" Inclinaison de tête, par politesse, et le souhait de bonne chance de la part de l'officier. Le deuxième jugement de Coupry et de son camarade avait servie de leçon. Le condamné à la peine capitale avait un moral de fer dans les lettres qu'il envoyait à sa famille et, en plus du texte de la lettre, des choses étaient écrites sur le timbre avec une petite plume. Les gardiens laissaient faire ou ne s'en aperçurent pas . Cela dura pendant quelques temps, durant lesquels prisonniers des Allemands et prisonniers de droit commun furent mélangés, sans aucune discrimination à Alençon.

Pour qui était curieux, c'était un monde nouveau à observer avec toutes ses catégories d'humains. D'un coté les prisonniers des Allemands faisaient bande à part; de l'autre, les prisonniers de droit commun: petits voleurs, braconniers, gitans et des escrocs qui ne voulaient pas être considérés comme des voleurs car ils se servaient de la bêtise de certains selon eux, pour vivre.

Après l'exécution du jeune Coupry, les Allemands centralisèrent dans un étage de la prison cellulaire de Caen, tous leurs prisonniers civils des départements: Calvados, Orne, Manche et les îles Anglo-Normandes de Jersey et Guernesey. Une fourgonnette cellulaire assura le transport, le 19 novembre 1940. A Sées, les gardiens ayant soif s'arrêtèrent. Parmi les curieux, un boulanger, B., reconnut un prisonnier originaire de la région de Sées et un Trunois et, aussitôt alla chercher deux ou trois pains qui furent bien accueillis, les rations étant déjà très maigres. Puis la voiture continua son voyage. A Bons-Tassilly, nouvel arrêt. Le patron du café, quand il connut la situation des voyageurs distribua à chacun un verre de vin. Une petite goutte en plus créa une nouvelle ambiance dans la voiture. A Caen, les détenus furent répartis dans les cellules avec les premiers arrivés, ce qui modifia la camaraderie déjà existante et en créa d'autres. Les condamnés à des peines allant jusqu'à un an de prison restaient en France, au-dessus c'était le transfert en Allemagne.

Alençon - Caen, il se créa une sorte de hiérarchie. En cas de troubles ou d'événements graves, c'était parmi les fortes peines que se trouvaient désignés ou choisis, les otages; ce bruit circulait dans la prison. Les nouvelles de l'extérieur et de la guerre, diffusées par Radio-Londres, parvenaient rapidement dans cet univers soi-disant clos. Le 22 juin 1941, l'attaque allemande de la Russie fut communiquée par l'aumônier à la messe et il ajouta: "Les loups se battent et se mangeront entre eux".

Avec les ordres de Vichy, qui donnaient des directives plus ou moins précises, la remise de colis aux prisonniers était bizarre... un peu selon les circonstances. Les gardiens se trouvaient devant des textes changeants et plus ou moins précis. Un camarade, René.B., coiffeur, libéré en fin de peine, expliqua à ses clientes la réalité sur les faits. L'une de ces dames, d'une famille qui s'intéressa beaucoup au site de Téssé-Bagnoles (disons F.J.G.), par ses relations alerta la Croix Rouge Française afin que les incarcérés de Caen et d'ailleurs soient assimilés aux prisonniers de guerre, ce qui apporta une nette amélioration pour tous, familles et emprisonnés; mais ce n'était pas toujours idyllique. Quelques remarques sur ce qui pouvait arriver un jour à ceux qui surveillaient trop bien les prisonniers valut à l'un de ceux-ci 15 jours de mitard (cellule disciplinaire avec nourriture des plus simplifiées) mais un dimanche, pendant que tout était calme, un gardien lui passa en cachette une gamelle de riz qui fut bien accueillie. Le rôle de ces hommes n'était pas toujours facile; une peur inavouée subsistait dans toutes les classes de la société. A Caen, un an auparavant et pour avoir rossé Degrelle, collaborateur belge des Allemands, des gardiens eurent quelques ennuis.

Les prisonniers étaient exactement libérés à la fin de leurs peines et cela jusqu'au début de l'offensive allemande en Russie. Une certaine correction des troupes et officiers de la Wermacht s'était plus ou moins établie avec  la population civile. A ce moment commença la chasse aux communistes, que les Allemands considéraient comme les alliés de la Russie, ce qui provoqua, dans les mois qui suivirent, un renouvellement des pensionnaires de la prison de Caen et des remous dans toutes les classes de la société.

Charles Malsoute, décembre 1983

* Charles Malsoute a été incarcéré quelques mois à la prison de Caen pour avoir fait jouer par la fanfare municipale de Trun l'hymne anglais quand les Allemands sont entrés dans Trun.

 

 

Souvenirs d'un temps pas si lointain

A travers des documents sur les préparatifs défensifs allemands, triangulation des artilleries Punktes et clochers de la région, état des coordonnées, feuille de l'Unité Française Falaise. Les points de triangulation ont été déterminés par le secteur motorisé 618 de la Vermacht. Tous les points sont dans la grille française: Lambert 1, Zone Nord édité par le secteur motorisé 618 de la Vermacht, janvier 1941, imprimé par le fichier motorisé 550, août 1942. Bien entendu, tout ceci était objet secret, dans le sens de l'article 88 du Code Pénal du Reich (version du 24 avril 1934).

De tout cela, on constate que, dès janvier 1941, les Allemands prenaient des précautions contre un débarquement en Normandie. Il est fort probable que ce document fut communiqué aux alliés. Toujours est-il que fin 1943, début 1944, des artilleries Punktes furent ajoutées ou installées dans une zone qui allait de Montreuil-la-Cambe, Montabard, la plaine d' Ecouché, jusqu'à la forêt d'Ecouves. En ce temps-là, la Vermacht construisait un radar à Ri. Les membres du réseau C.N.D. surveillaient les travaux sans savoir exactement ce que c'était et pour tous les camarades de l'équipe, c'était de nombreux kilomètres en vélo. Les artillerie Punktes étaient soigneusement marquées par de minuscules trous d'aiguille sur une carte Michelin. Quelques jours après le 6 juin 1944, de petits dépôts de munitions furent installés hâtivement. Certains, avant la fin juin, furent transférés ailleurs: Bois d'Auge, d'autres ceux de Tertu, Montabard, des Yveteaux-Fromentel (61), l'Eventard, commune du Perrou (50), signalés aux alliés ne furent pas bombardés, pourquoi ? Les services U.S. n'avaient-ils confiance que dans leurs propres renseignements? Le début de la C.I.A. Fin juin, la Gestapo et Jardin avaient désorganisé le groupe C.N.D. local en torturant et tuant deux de nos camarades et, parmi eux, celui qui nous reliait à la centrale de Paris. Les renseignements que nous avions n'avaient de valeur que s'ils parvenaient de l'autre coté du champ de bataille. Après de multiples péripéties, tout fut livré le 12 juillet 44 aux alliés: U.S. en premier et ensuite aux Anglais qui y attachèrent beaucoup plus d'attention. Le pourquoi fut compris plus tard en suivant la marche des offensives U.S. au Sud et des Britanniques au Nord. Les artilleries Punktes étaient installées en des points dominants, dans des forêts et des zones bocagères, souvent des chênes étayés de gaules supportant des planches noires et blanches... au pied d'une pierre de granit de 0,12 x 0,12 x 0,50 marquée A.P. Dans les plaines, les clochers en tenaient lieu. Ces détails, ces souvenirs s'estompent plus ou moins, selon l'âge des témoins qui ont vécu ces temps-là.

A Ri, patrie de Saint Jean Eudes, les habitants décidèrent, après 1944, de bâtir une chapelle rappelant le rôle bénéfique du Saint; un des membres rescapé de l'équipe du C.N.D. qui venait par là, poussé par la curiosité, se mêla à un groupe de villageois qui discutaient des évènements passés et osa parler du rôle des alliés et de la Résistance, l'un d'eux s'écria: "Ah oui, vous faisiez partie de cette bande de salauds qui nous aurait fait bombarder par les Anglais!". Ne voulant pas mettre en doute l'efficacité de la protection de Saint Jean Eudes, l'interpellé reprit son vélo et changea de secteur en philosophant sur ce que les hommes appellent l' Histoire et la Vérité, qui n'existent qu'en fonction des connaissances de chacun.

Charles Malsoute, septembre 1982

Convocation pour le S.T.O

Le quotidien au temps de la Résistance

Ce que l'on désigne sous le nom général de Résistance revêtit différentes formes au fur et à mesure des événements qui découlèrent de l' Occupation: actions de défenses, de propagande, militaires, etc. Cela se combina avec le choix la cooptation, l'acceptation des personnes dans des réseaux ou groupes spécialisés, selon le comportement personnel des nouveaux adeptes ou volontaires. Ainsi, les prisonniers politiques libérés des prisons allemandes ou de l' Etat de Vichy, dit Français, étaient surveillés, testés et, pour être admis dans un de ces groupes, il fallait avoir fait ses preuves : "au pied du mur, on voit le maçon", selon le vieil adage des bâtisseurs de cathédrales! Avec en plus, le silence que les compagnons observaient sur les moyens employés vis-à-vis des non-initiés.

 

Vers 1942, un Franco-Britannique, Dick CH... venait souvent dans la région, disons à Habloville, où il avait des possibilités d'échange avec les carriers et mineurs de Nécy pour une marchandise combien rare en ce temps. Tout cela était connu et devenait le secret de Polichinelle. Quand il en fut averti, il prit les dispositions qui s'imposaient en disparaissant discrètement de la région. Pour organiser une action, disons militaire, il fallait en prévoir les conséquences sur la population, peser les résultats envisagés, trouver les spécialistes qu'il fallait mener discrètement vers leur lieu de "travail", les héberger, les reconduire pour les mettre en dehors des curiosités. Cela nécessitait un plan, une organisation très cloisonnée et prévoir les mesures de sécurité qui s'imposaient. Si les itinérants (ou dynamiteurs) disparaissaient dans la nature, il n'en était pas de même pour ceux qui les avaient hébergés à leurs risques et périls.

 

Les cercueils: fin 1943 - début 1944, quelques vétérans, croyant faire acte de résistance, envoyaient selon leurs inimitiés personnelles, des petits cercueils aux gens qu'ils avaient catalogué comme Vichyssois, trafiquant de marché noir, collaborateurs, etc... La résistance fit en sorte que cela ne fit pas trop de vagues. Ceux qui s'amusaient à ces petits jeux ne mesuraient pas ce que cela pouvait avoir de dangereux avec la Gestapo et les polices politiques. C'était souvent le fait d'anciens de la guerre de 14-18, les "vieux de la vieille" et qui, aux conseils de prudence ou de modération, répondaient: "nous nous avions gagné, on n'est pas foutu le camp comme vous en 40, etc." Pour arrondir les angles et éviter les complications entre générations, on eut recours à un personnage haut en couleurs, l' Abbé Georges V... dit le gars Georges, qui exerçait dans une paroisse voisine et avait la confiance des populations locales, mais aussi des F.T.P. d'un petit maquis de la région, il s'occupait de leur ravitaillement et de la sécurité en général, tout en conciliant bien des contraires. Pour "les vieux de la vieille", il transmit aux curés voisins ceux qu'il était bon de chapitrer et si besoin était, de sonner les cloches à ces drôles de paroissiens, soit à confesse ou partout ailleurs.
Ceux-là constatèrent que le Seigneur avait des voies qui devenaient de plus en plus impénétrables. Cela n'était qu'un côté de l' affaire, il y avait aussi à rassurer ceux qui avaient reçu ces drôles de colis. La subtilité ecclésiastique permit quelques remises en ordre.

La résistance, c'était aussi les faux papiers et en premier lieu les cartes d'identité, puis les certificats de travail, de résidence, etc. Le double d'un cachet municipal entre les mains d'un sympathisant permettait de compléter bien des fausses cartes d'identité départementales pour de soi-disant travailleurs; elles étaient faussement signées, à leur insu, du nom de certains maires qui, à la libération, revendiquèrent ces faux comme étant la preuve de leur participation à l'action de la résistance.

Ainsi allait tout ce monde bizarre, cahin-caha, avec ses hauts et ses bas. De tout cela, on peut dire que ce fut dans les bourgs et bourgades ayant bénéficié de personnalités neutres, où il n'y eut ni trop de bruit, ni trop de discussions entre gens d'opinions différentes, que la Gestapo et les polices politiques firent le moins de dégâts, arrestations, déportations ou exécutions.

A la libération, il y eut bien, dans certains bourgs, des règlements de compte: engueulades, crêpage de chignons, tonsures... Mais cela ne dépassa pas quand même une certaine mesure où le scepticisme normand se mêlait à une façon de voir les choses, un peu comme vu de Clochemerle. De toutes façons, il en resta une tolérance, ou méfiance sur tous ces événements, pour une bonne partie de la population qui ne s'était pas engagée, ni déclarée ouvertement dans ce conflit et réagissait en spectateurs plutôt qu'en acteurs. Quant à ces derniers, ils eurent proportionnellement plus de pertes que dans les régions où l'ensemble de la population avait fait un bloc homogène; par le fait aussi que leur nombre assez restreint les faisait à l'arrière du front du débarquement, davantage surveiller par les services policiers. Plus de pertes aussi que dans les régions où les maquis établirent une véritable libération pendant l'été 1944.

 

Les alliés envoyèrent peu de matériel militaire, armes et munitions dans la Normandie intérieure, proportionnellement aux envois faits en Bretagne, pour laisser croire aux Allemands que le débarquement aurait lieu ailleurs. Par contre les réseaux de renseignements étaient, non pas les uns sur les autres, mais assez nombreux. Les réseaux U.S. avec beaucoup de matériel de transmissions, anglais, conventionnels, intelligence service, français, montés de toutes pièces, avec, sans doute, un manque de sécurité interne en mêlant renseignements et propagande.

 

Voilà ce que peuvent dire les Normands avec un recul de quarante ans sur les événements qu'ils ont vus et auxquels ils furent mêlés, de leur plein gré ou de force, de ce temps qui est maintenant devenu de l'histoire

Charles Malsoute

 

Souvenirs de résistants sur la bataille de Normandie en 1944

Vers 1936/37, de grandes manoeuvres militaires eurent lieu en Normandie. Une conclusion s'en dégagea: un débarquement était possible sur les côtes normandes. A la suite de cela, des recherches et et des coordonnées de tir pour l'artillerie furent établies, ou plutôt complétées le long des côtes de Dunkerque à Biarritz. Dans les environs S.E. de Falaise, des points de triangulation furent établis sous le titre de Champ de Tir de Falaise, par les services militaires français.
Quand les Allemands s'installèrent en Normandie, comme en pays conquis, ils eurent donc connaissance de ces travaux, comme le montrent les textes complémentaires qu'ils établiront dès 1941 à cet effet. Entre 1942 et 1944, ils continuèrent de s'installer et établirent des artilleries Punck, de la région S.E de Falaise jusqu'à la forêt d' Ecouves.

Dès le début du débarquement, en juin 1944, de petits dépôts de munitions furent établis un peu à l'arrière d'une ligne partant des collines de Saint Pierre sur Dives Jusqu'à la forêt d' Ecouves, en utilisant les possibilités défensives des rivières normandes orientées Nord-Sud: l'Orne, la Dive et ses marais, la Vie, la Touque et la Seine. Ces travaux étaient surveillés par plusieurs réseaux et notés par des membres du C.N.D, pour les régions d'Argentan et de Falaise. Le débarquement ayant eu lieu, la Gestapo commença la chasse aux résistants et autres groupes organisés, O.C.M., Vengeance, etc.
Des arrestations ayant eu lieu à Paris, un camarade de l'équipe régionale du C.N.D., R. Leloyal fut prié de regagner la région parisienne pour y être, vu sa connaissance des rues de Paris, agent de liaison dans le réseau sous les ordres du Capitaine Verrière, dit "Lecomte".

Un autre camarade, Maurice le..., fut chargé alors de la liaison du groupe local avec les transmissions qui étaient dans la région parisienne. Malheureusement, Maurice Le..., ainsi que Pierre Lo..., un autre du C.N.D., furent tués à Guerquesalles par Jardin et ses séides. Les mêmes qui bastonnèrent aussi, près de Trun, les membres d'une famille qui connaissait trop de choses sur les résistants, mais qui ne dirent rien sous les coups et les souffrances, alors que la Gestapo les matraquait. Le même matin, l'équipe Jardin mitrailla trois résistants de Vengeance dans le ruisseau de Neauphe. Cela se passait le 27 juin 1944.

Peut être quelques membres du groupe Vengeance !

Il ne restait du groupe C.N.D. que "le Lion", Co... et "Charlot" dit aussi Charmal. Ce dernier ayant eu connaissance de tous ces faits et les jugeant tels qu'ils étaient, alerta des sympathisants sur ces événements comme mise en garde, puis, pris d'une sainte frousse, décida de déménager sans dire où il allait, c'est-à-dire en direction de la Manche. Il espérait y retrouver un camarade d'incarcération dans la région de Lessay, Piroux, qu'il ne trouva pas, ce dernier étant à la Hague, près de Cherbourg. Après de multiples aventures, il traversa les dunes du bord de mer, minées ou pas ? Malgré les pancartes allemandes (Minen) et dans une zone située entre les deux armées où les belligérants ne mettaient pas les pieds. Ne voyant aucun cadavre de vache ou de mouton, Charlot passa derrière les haies en vélo, se vit sauvé et arriva à bon port, quand il trouva de plus en plus de papiers d'emballages de paquets de cigarettes américaines. Les soldats américains qu'il rencontra, alors, l'emmenèrent à leur officier des services de la 29eme D.U.S. Il fut interrogé par des membres de l'Etat Major du général Collins, installé à Méauties près de Carentan, en pleine bataille pour la maîtrise de Saint Lô; ceci aux environs du 14 juillet 1944.

Par la suite, les services de l'armée anglaise (Montgommery), installés aux alentours de Creully, s'intéressèrent de près aux renseignements apportés et à tout ce qui se passait dans la zone à l'Est de l'Orne. Les développements des combats, la prise de Caen et de Carpiquet, permettant de comprendre le pourquoi de la résistance allemande pour la possession de Falaise à proximité des collines du Pays d'Auge et des marais de la Dive qui furent contournés ainsi que le furent les forêts d'Andaine et d'Ecouves.

Ceci dit, il n'est pas facile de suivre et comprendre toutes les phases de la bataille, compte tenu de toutes les tentatives d'explications que cela comporte aujourd'hui et aussi sans doute demain, maintenant que tout cela est devenu de l'Histoire.

Charles Malsoute, juillet 1984